Pourim apparait déjà loin dans notre rétroviseur, alors que Pessa’h approche à grands pas. Dans la plupart des foyers juifs, on est concentré sur le ménage, les préparatifs divers, et tout ce qui va avec. Il est vrai que la saison printanière se prête à tout ce remue-ménage, mais ne perdons pas de vue pour autant l’essentiel de ce que cette fête nous propose.

Le thème sous-jacent de Pessa’h est celui de la liberté. Cette liberté était la condition sine qua non à la naissance précipitée du peuple juif. De fait, dans cette période pré-pessahtique, nous devons nous focaliser sur la liberté qui règne – ou pas – dans notre vie, et faire le « ménage » en nous-mêmes afin de donner un nouvel allant à notre existence.

Qu’est-ce que Pessa’h?

Pessa’h est connu comme étant la “Fête de la Liberté”, commémorant la sortie des Juifs d’Egypte après 210 ans d’esclavage. Elle est considéré comme « la naissance » du Peuple juif et ses enseignements sur notre lutte et notre identité continuent de former les bases de notre conscience juive 3300 ans après cet événement.

La fête de Pessa’h dure 8 jours (7 en Israël). Son nom provient de la dernière plaie d’Egypte, la mort des premiers-nés lors de laquelle D.ieu « passa au-dessus » des maisons juives.

 

 

Avant Pessa’h

 

Le ménage de Pessa’h

 

Pourquoi faire ?

 

Il est nécessaire de  débarrasser toute la maison de la moindre trace de ‘Hamèts qui, durant tout le reste de l’année, s’est glissé sournoisement dans tous les coins et recoins. En effet, il est interdit à tout juif de posséder ou de manger du ‘hamets pendant Pessa’h. Le ‘hamets se définit comme du blé, de l’orge, de l’épeautre, du seigle ou de la farine d’avoine qui a été mélangé avec de l’eau et a fermenté avant d’être cuit. La fermentation prend 18 minutes.

Pour autant, point n’est besoin de se tuer au travail !

 

La preuve en 6 leçons.

1 – Faire la distinction entre ménage prioritaire et ménage secondaire

Les zones de nettoyage prioritaires sont les pièces dans lesquelles nous préparons la nourriture, nous cuisinons et nous mangeons. Dans la plupart des maisons, il s’agit de la cuisine et de la salle à manger. Ces endroits doivent être astiqués avec soin car c’est là que nous allons probablement trouver la plupart du ‘hamets domestique.

Si aucune nourriture n’a été introduite dans le salon, les chambres à coucher, les salles de bain ou les salles de jeu, ces endroits ne nécessiteront qu’un léger nettoyage. Quand vous apprendrez cette distinction, votre appartement aura soudain rétréci sous vos yeux, au point d’atteindre une taille tout à fait acceptable pour envisager de relever le grand défi du nettoyage.

2 – Ne pas s’échiner à dénicher de minuscules miettes

Le nettoyage de Pessa’h consiste à chasser des résidus alimentaires ‘hamets de la taille d’un kazaït (c’est-à-dire environ la taille d’un bretzel). S’il faut donc chercher dans les cartables des enfants, dans les poches des vêtements de toute la famille et dans les sacs à main, il n’est en aucune façon nécessaire de retourner chacune des poches en question.

3 – Condamner les armoires inutilisées

Vous n’avez pas à nettoyer toutes vos armoires et étagères, particulièrement si vous ne les utilisez pas pendant Pessa’h. Il suffit de les « condamner » en les fermant avec du scotch ou tout autre procédé qui vous rappelle de ne pas les ouvrir pendant la semaine de fête.

4 – Utiliser le lave-vaisselle pour stocker des ustensiles

Dans la mesure où vous n’utilisez pas votre lave-vaisselle pendant Pessa’h, vous pouvez le transformer en placard de rangement. C’est l’endroit idéal pour stocker assiettes, bols, tasses et autres couverts de la vaisselle inutilisée pendant Pessa’h. Voilà qui vous épargnera la confection de fastidieux cartons qu’il faut entreposer je-ne-sais-où pour juste 8 petits jours…

5 – Souriez, vous nettoyez !

Si vous rechignez à l’astiquage, c’est signe qu’il vous faut faire une pause pour reprendre des forces. Aller faire un tour et revenez à vos préparatifs avec enthousiasme et le sourire aux lèvres !

6 – Garder en tête l’aspect spirituel du ménage

Le judaïsme s’efforce de toujours élever le banal vers le sacré, le matériel vers le spirituel. Si en faisant une bénédiction nous consacrons des actes physiques, comme le fait de manger par exemple, alors pourquoi pas celui de nettoyer ?

Quand nous faisons bedikat ‘hamets, la traditionnelle recherche de traces de pain qui est effectuée à la veille de Pessa’h avec une bougie et une plume, nous recherchons en même temps notre moi intérieur. La mèche de la bougie représente notre corps, tandis que la flamme, qui tend toujours vers le haut, est notre âme. Le pain (le ‘hamets) reflète notre propre ego gonflé. Il représente notre égocentrisme, lequel bloque souvent l’élévation de notre âme.

Ainsi, lorsque nous fouillons les moindres recoins obscurs à l’affut de miettes de pain, nous recherchons les enflures de notre ego dans notre moi intérieur. Quand nous trouvons le ‘hamets, nous le brûlons en utilisant cette flamme qui nous purge symboliquement de notre ego et libère notre âme.

 

Dons aux pauvres

 

La fête de Pessah représente un coût financier particulièrement important, comme nous le savons tous.

La Torah nous explique que « si nous prenons la décision de réjouir ceux qui appartiennent à D-ieu, à savoir les pauvres, l’orphelin et la veuve », alors Hachem dans Sa grande bonté réjouira les nôtres. Le Zohar (Kabbale) rapporte également : « A chaque fête, l’homme doit faire attention à réjouir le cœur du pauvre ».

Il est notoire également que le fait de pratiquer la charité tout au long de l’année, déclenche sur le donateur un flux de bénédictions, selon le principe de « midakénégued mida », mesure pour mesure ; en effet, Hachem rétribue les gens en fonction de leurs actions. Celui qui est généreux envers les autres, bénéficiera lui-même de la générosité divine.

 

   

 

La Veille de Pessa’h

Les 24 heures qui précèdent Pessa’h sont le point culminant de semaines passées à récurer, à nettoyer et à préparer. Elles constituent la transition finale de nos vies « ‘hamets » ordinaires vers la fête de Pessa’h

La vente du Hamets

 

Dans la mesure où il est interdit de posséder du ‘Hamets à Pessa’h, il est nécessaire de vendre à un non-juif celui que l’on possèderait encore avant la fête. Le ‘Hamets qui resterait en la possession d’un Juif pendant Pessa’h ne pourrait pas être utilisé, consommé, acheté ou vendu même après Pessa’h.

Ainsi, tout le ‘Hamets qui ne sera pas consommé ou brûlé avant Pessa’h, de même que tous les ustensiles ‘Hamets qui n’auront pas été parfaitement nettoyés, doivent être rangés hors de la vue des occupants de la maison.

Ces rangements seront dès lors fermés à clé ou avec un adhésif pour être loués au non-juif, lors de la vente du ‘Hamets.

Les modalités de cette vente étant très complexes, elles ne peuvent être exécutées que par un rabbin compétent, qui, au nom de tous ceux qui lui en délèguent le pouvoir, vend le ‘Hamets à un non-juif le matin précédant Pessa’h et le lui rachète la nuit suivant la fête.

La loi juive requiert que votre ‘Hamets soit vendu avant une certaine échéance qui dépend du lieu où vous vous trouverez le jour qui précède Pessa’h.

 

Rechercher le Hamets

 

Après s’être assuré d’avoir vendu le ‘Hamets par l’acte de vente établi par le rabbin et avoir nettoyé méticuleusement l’ensemble de la maison, de sorte qu’en disparaissent toutes les miettes et les restes de nourriture, on recherchera le ‘Hamets dans toute la maison, cette année le jeudi 21 avril 2016 au soir.

Il n’est pas nécessaire de faire cette recherche dans les lieux vendus pour Pessa’h. Les aliments que l’on a l’intention de vendre ou de consommer ultérieurement seront mis de côté.

Avant de commencer cette recherche, il est de coutume de placer, dans différents endroits de la maison, dix petits morceaux de ‘Hamets enveloppés dans du papier. Puis, l’on récite la bénédiction suivante :

Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achère Kidéchanou Bemitsvotav Vetsivanou Al Biour ‘Hamets

« Béni sois-Tu Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné la destruction du ‘Hamets. »

Ensuite, à la lueur d’une bougie, (une coutume veut que l’on accomplisse cette recherche également à l’aide d’une cuillère en bois, d’une plume d’oiseau et d’un sac en papier dans lequel on mettra le ‘Hamets que l’on aura trouvé), on recherchera le ‘Hamets dans chaque pièce et dans tout endroit de la maison où il pourra se trouver (cave, grenier, garage, voiture, etc). Cette recherche aura également lieu dans un local professionnel.

Lorsque cette recherche est terminée, on récite la formule suivante :

« Que tout ‘Hamets, qui se trouve en ma possession, que je n’ai pas vu ou que je n’ai pas détruit, dont je n’ai pas connaissance, soit considéré comme inexistant et sans valeur, comme la poussière de la terre. »

Puis l’on placera en lieu sûr le sac en papier contenant tout le ‘Hamets que l’on aura trouvé pendant la recherche, afin qu’il ne se répande pas.

On lit ensuite le texte du “Yehi Ratsone” qui se trouve dans la Haggadah de Pessa’h.

 

Le jeûne des premiers nés

Lors de la dixième et dernière plaie infligée à l’Égypte, D.ieu fit périr les premiers-nés des Égyptiens dans tout le pays. Mais, comme ce fut le cas pour toutes les plaies, les Enfants d’Israël furent épargnés. Lors de la Plaie des Premiers-Nés, aucun premier-né juif ne mourut. Pour exprimer leur gratitude, tous les premiers-nés mâles parmi les Juifs jeûnent le jour qui précède Pessa’h (Erev Pessa’h). Les pères des garçons premiers-nés qui n’ont pas encore atteint l’âge de 13 ans jeûnent à leur place.

La coutume répandue, cependant, est que les premiers-nés se dispensent de l’obligation de jeûner en participant à une séoudat mitsva (un repas marquant l’accomplissement d’une mitsva), tel qu’un siyoum – un repas festif célébrant la conclusion d’une étude d’une section de Torah, par exemple un traité du Talmud.) La plupart des synagogues tiennent de telles célébrations après l’office du matin.

 

 

 

 

Hol Amoed Pessah

 

Pessa’h dure huit jours. Les deux premiers jours et les deux derniers jours sont des jours de fête à part entière, (yom tov) et les quatre jours intermédiaires sont ‘Hol Hamoed. (En Israël, Pessa’h dure sept jours et les jours de ‘Hol Hamoed sont au nombre de cinq.)

Il faut les honorer par de beaux vêtements et des mets spéciaux.

En effet, nos Sages ont averti : « Celui qui méprise les demi-fêtes, même s’il a de la Torah et des bonnes actions, n’aura pas de part au monde futur ». Rachi a expliqué que cela s’applique à celui qui traite ces jours comme de simples jours de semaine dans sa nourriture et sa boisson.

 

Le Rambam écrit : « C’est une Mitsva positive de la Torah d’être joyeux, le cœur léger et allègre pendant ‘Hol Hamoed, lui, sa femme, ses enfants et son entourage. Cependant, même si manger et boire pendant la mi-fête constitue une Mitsva positive, on ne fera pas que ça toute la journée ».

On doit se comporter ainsi : le matin, l’homme se lève tôt pour aller à la synagogue et prier, puis il retourne chez lui et il mange. Ensuite il doit aller à la maison d’études, lire et étudier jusqu’à la mi-journée. La deuxième demi-journée, il doit prier Min’ha.

Puis, il retourne à la maison pour manger, boire et y passer le reste de la journée.

Le vin

Il doit cependant être vigilant à ne pas être trop porté sur le vin, le rire et la légèreté, et prétendre que toute personne qui abonde dans ce sens augmente la joie.

L’enivrement, le rire et la légèreté ne sont pas de la joie, mais plutôt source d’absurdité et de folie. Il est certain que l’on n’a pas reçu un commandement d’être déraisonnable et insensé et au contraire, il est important d’être dans une joie dans laquelle le service du Créateur se reconnaît, comme il est dit : « Du fait que tu n’as pas servi l’Eternel ton D.ieu avec joie et de bon cœur ».

On apprend de ce verset que le service de D.ieu doit se faire dans la joie et il n’est pas possible de Le servir, ni par l’amusement, ni par la légèreté d’esprit, ni par l’enivrement.

L’étude de la Torah

Nos Sages ont dit que l’homme sera jugé dans le monde futur, au début, sur son étude de la Torah.

Le Pélé Yoets écrit : « Vient un homme qui prétendit qu’il était trop occupé par son gagne-pain pour nourrir sa famille et qu’il ne pouvait pas étudier la Torah. Le ‘Hol Hamoed arriva et contredit cet argument, car il était libre de son travail pour pouvoir étudier. Au lieu de cela, il gaspilla son temps en promenades dans tout le pays et en divers bavardages. Au Ciel, on lui demanda : tu étais libre pendant tous les jours de ‘Hol Hamoed, pourquoi n’as-tu pas étudié la Torah et pourquoi as-tu perdu ainsi ton temps ? ».

A contrario, celui qui a la crainte de D.ieu et a utilisé les jours de ‘Hol Hamoed à l’étude de la Torah, sera jugé avec indulgence et on lui comptera les jours où il était dérangé par son travail, comme s’il avait aussi étudié.

C’est ce que dit notre roi David dans les Psaumes (75,3) : « Lorsque J’en aurai fixé le moment, Je rendrai Mes arrêts avec équité ».

En effet, Hachem jugera l’homme avec équité selon son comportement et la mesure de l’utilisation du temps à bon escient pendant les jours de ‘Hol Hamoed.

Les repas

16 Nissan : le premier jour de ‘Hol Hamoed, il est bon d’ajouter un mets spécial dans le repas (en dehors du devoir d’être dans la joie par la consommation de viande et de vin en l’honneur de la fête) en souvenir d’Esther qui invita Assuérus et Haman au festin et suite auquel, ce même jour, Haman fut pendu.

 

Les prières

« Yaalé véyavo » : on mentionnera « Yaalé véyavo » dans la prière du matin « Chaharit », de l’après-midi « Min’ha »et de la nuit « Arvit ».

Si on l’a oublié, et qu’on s’en rappelle après avoir dit : « Baroukh ata Ado-na-y… », avec l’intention – sans toutefois le faire – de conclure « HaMa’hzir chékhinato létsion », on terminera en disant « Lamédéni houkékha ».

Et là, on dira  » Yaalé véyavo ». Mais si on a déjà dit « Hamahazir chékhinato létsion », on dira alors « Yaalé véyavo » avant « Modim ».

Si on a déjà prononcé même le seul mot « Modim » et qu’on s’en est souvenu, on reviendra au début de « Rétsé ». Ce sera la même loi, si on s’en est aperçu pendant la suite de la prière avant de la conclure.

Mais si on souvient au moment où on s’apprête à conclure, on reprendra alors la prière à son début même s’il s’agit de celle d’Arvit (différente de la prière d’Arvit de Roch Hodech au cours de laquelle on ne reprend pas au début).

Lecture de la Torah : si on a lu par erreur la lecture d’un autre jour de Pessah, il n’est pas nécessaire de revenir et de lire la lecture prévue ledit jour, car l’ordre de ces lectures pendant Pessah n’est pas une exigence absolue.

 

Travaux

Les jours de ‘Hol Hamoed, certains travaux sont interdits afin que ces jours ne soient pas comme ceux de la semaine dans lesquels il n’y a pas de sainteté spéciale.

Le but de ‘Hol Hamoed : Rabbi Abba Bar Mamal dit : « Si j’avais trouvé quelqu’un de mon avis, j’aurais permis les travaux pendant ‘Hol Hamoed, car toute la raison de l’interdiction, est que l’on puisse manger, boire et qu’on s’occupe de la Torah, mais en réalité, ils mangent et boivent et font des bêtises ».

De là, on voit que l’interdiction de l’amusement et des pensées légères, les jours de ‘Hol Hamoed, est plus grave que celle de faire des travaux, étant donné que tout le but de la Torah pendant la demi-fête réside dans l’attachement à D.ieu et dans Sa sainte Torah.

Quelques règles

Choses qui entraînent une perte : il est interdit de faire un travail pendant ‘Hol Hamoed sauf pour une chose qui dépérit, c’est-à-dire que si on ne fait pas ce travail on peut arriver à une perte

Les besoins du corps : tout travail qui est une nécessité du corps pourra être accompli pendant Hol Hamoed, même s’il nécessite un grand dérangement et même s’il est accompli par un spécialiste.

Par conséquent, il est permis pendant la mi-fête de réparer un réfrigérateur électrique, les feux du gaz, un four de cuisine, le robinet d’eau de la cuisine et autres choses semblables.

Il sera permis à l’ouvrier de recevoir un salaire entier pour ce travail s’il n’y a pas d’ouvrier qui fasse ces travaux gratuitement.

Des conserves : il est interdit d’en faire sauf si on peut en consommer pendant la mi-fête. Mais si elles ne sont pas consommables pendant ‘Hol Hamoed, ce sera interdit. S’il y a un risque qu’un mets pourrisse ou se détériore s’il n’est pas mis en conserve pendant cette période alors, il sera permis de le mettre en conserve puisqu’il s’agit d’une chose qui peut causer une perte.

Taille de la barbe et des cheveux : on ne se rase pas et on ne se taille pas les cheveux pendant ‘Hol Hamoed même si cela n’avait pas été possible de le faire la veille de la fête.

Même le « Mohel », le père du nouveau-né et le « Sandak » ne sont pas autorisés à le faire. Mais arranger la moustache est autorisé à tous.

Si une personne s’est rasée la veille de la fête, elle ne pourra pas le faire pendant la demi-fête, même si elle a l’habitude de se raser chaque jour.

Une personne qui sort de prison pendant la demi-fête pourra se couper les cheveux et se raser, même si elle aurait pu le faire déjà avant la fête, dans la mesure où une telle personne n’est pas d’humeur à se couper les cheveux lorsqu’elle se trouve en prison.

Un endeuillé de son père ou sa mère, dont les trente jours de deuil se sont achevés pendant la fête, et qu’on a pressé de se couper les cheveux, sera autorisé à le faire : il pourra même demander à une autre personne de le « réprimander et le presser » de couper sa chevelure.

Taille des ongles : elle est permise pendant ‘Hol Hamoed. La coutume ashkénazes ne le permet pas.

Lunettes qui se sont cassées pendant la fête : il est permis de les faire réparer même par un spécialiste.

Couture et repassage : une personne qui a besoin de coudre son habit pendant ‘Hol Hamoed, et qui n’est pas un professionnel dans ce domaine pourra coudre. De même, il sera permis de repasser pendant ‘Hol Hamoed.

Voiture : on ne répare pas une voiture si cela exige le travail d’un spécialiste même si on a l’intention de transporter une chose nécessaire, tant que cela peut être fait d’une autre manière. Par contre, une réparation n’exigeant pas de connaissance spéciale sera permise.

Un travailleur qui risque d’être licencié de son travail s’il n’y assure pas sa présence est autorisé à continuer à travailler, dans la mesure où il ne peut recevoir de congés sur le compte du congé annuel qui lui revient de droit. Il est certain que c’est considéré comme quelque chose qui entraîne une perte.

Le patron d’une affaire qui emploie des employés fixes, s’il est obligé de leur verser intégralement leur salaire lorsqu’ils ne sont pas occupés, pourra alors leur demander de venir travailler. Ils s’efforceront autant que possible de travailler sans trop faire de bruit.

Magasin : les épiciers, les marchands de fruits et légumes ont le droit d’ouvrir leurs magasins, car il est évident que l’on doit acheter des aliments pour les besoins de la fête, étant donné que certains produits tels que les produits laitiers et les légumes ne peuvent tenir indéfiniment. La vente se fera sans publicité.

Si le magasin est ouvert sur la rue, on ouvrira une porte et la seconde restera fermée pour éviter qu’on ne le soupçonne de vendre pour les jours de semaine.

De toute manière, la veille du septième jour de Pessah’, il sera permis de vendre ouvertement en l’honneur de la fête.

Lessive : il est interdit de laver les habits, même pour les besoins de la fête. Quant aux serviettes de toilette, il est permis de les laver de même que le linge des jeunes enfants, étant donné que c’est un fait établi qu’ils se salissent toujours plus que les adultes.

Il n’est pas permis d’ajouter, par la même occasion, les vêtements d’adultes dans la machine à laver.

De nos jours, où l’on change quotidiennement les bas et le linge de corps, si une personne n’a pas de quoi se changer, il lui sera alors permis de laver à la machine.

Si un vêtement s’est taché, il est permis d’enlever la tache au moyen d’un détachant. Cela n’entre pas dans la définition de faire la lessive.

Cirage : il est permis de cirer des chaussures pendant ‘Hol Hamoed, car cela ne ressemble pas à laver du linge.

Appareil photo : il est permis de photographier pendant la mi-fête, mais on ne développera les photos qu’après la fête.

Utilisation des services d’un non-juif : si un travail est interdit durant la mi-fête, il est interdit de demander à un non-juif de le faire.

Cependant, si on n’a pas respecté cela, les Sages n’ont pas interdit de tirer profit de l’acte accompli par le non-juif, même pendant la mi-fête.

Ecrire : notre simple écriture habituelle (celle pour laquelle nous n’avons pas besoin qu’elle soit spécialement soignée et ordonnée) est permise tant qu’elle est un besoin de la fête.

De même, il est permis d’écrire une lettre à un ami contenant des nouveaux enseignements en Torah, soit en étant soi-même auteur, soit en les ayant entendus de la bouche d’un autre, car si on ne les écrit pas, ils risquent d’être oubliés.

Ainsi, ils sont considérés comme une chose pouvant entraîner une perte, car même si l’on répète l’enseignement plusieurs fois, le risque d’oubli existe encore. Il est donc permis de les écrire à la main ou à l’ordinateur.

Talmud Torah: il est permis de faire des travaux de réfection dans les salles des Talmud Torah, de même que donner au menuisier à fabriquer des bancs pour les élèves de façon qu’ils soient prêts juste après la fête et que les étudiants ne soient pas privés d’étude de la Torah.

Les ouvriers peuvent recevoir leur salaire sans aucun doute.

Synagogue : on ne construit pas de synagogue pendant la mi-fête.

Mais s’il y a des personnes qui désirent empêcher sa construction, il sera permis de continuer cette construction, car il n’y a aucune « chose qui entraîne une perte » autant que celle-là.

La fin de la fête

 

Le septième jour de Pessah : La prière « en guise de sept bénédictions » : lorsque le septième jour de Pessah tombe un Chabbat, il est clair que le ‘Hazan doit dire la prière « Mé-eeine chéva » (en guise des sept) car, cette nuit-là n’est pas une nuit « gardée, protégée » comme la nuit du Séder.

Il conclura cette prière en mentionnant « Mékadèch haChabbath « .

Le partage de la Mer Rouge : après le repas de la nuit de fête du septième jour de Pessah, la coutume d’Israël, est d’étudier les textes imprimés dans les livres de fête où sont regroupés les versets de la Bible et des passages du Talmud qui traitent de la Guéoula future (libération).

Les gabaïm (bedeaux) organisent un cours donné par un Maître de la Torah qui parlera de la Guéoula future, et expliquera au public les paroles de la Guémara avec « Touv taam ve daat » (bon sens) ainsi qu’avec des contes et des histoires.

Le sujet sera illustré en usant des dons que lui a octroyés l’Eternel, touchant ainsi le cœur du public et cela, jusqu’à la mi-nuit, moment où on ouvrira l’Arche Sainte.

On lira dans le rouleau de la Torah dans la section « Béchaalah », du début jusqu’au chant de la traversée de la mer.

On s’efforcera d’arriver à cette lecture, exactement à minuit et tout le public ensemble chantera alors le chant de la traversée de la Mer Rouge avec une très grande joie.

Une Ségoula (bon signe) attestée consiste à adresser à D.ieu, après le chant, une demande particulière et salutaire et, par la grâce de l’Eternel, la demande sera agréée.

 

 

Après Pessa’h

 

Pessah cheni

 

Dans la Torah, un grand principe gère la vie religieuse : lorsque l’on a « raté un événement » on ne peut pas revenir dessus. En hébreu cela se dit : « avar zemano, batèl korbano» / si on a passé le temps, il n’est plus possible d’offrir un sacrifice. Si quelqu’un « rate un chabbat » et souhaite le rattraper un dimanche ou un lundi, c’est impossible. Chaque événement est porteur d’une mitsvah et, la date écoulée, il n’est plus possible de réitérer l’événement.

Ceci est valable pour toute la Torah sauf dans un cas : le « korban Pessa’h », le Sacrifice Pascal.

En effet, la veille de Pessa’h, avant la sortie d’Egypte, les bné Israël ont reçu l’ordre de consommer en famille un agneau et s’associaient en famille pour en consommer chacun un morceau. Or, il y a eu des gens qui se sont tournés vers Moshé en disant : « Nous sommes impurs par le contact avec un cadavre et nous ne pouvons pas consommer un korban. Pourquoi serions-nous écartés de cette possibilité ? » Moshé rabbenou a soumis leur cas au Tout-Puissant et Sa réponse a été la suivante : « qu’ils reviennent un mois plus tard, le 14 iyar, et ils m’offriront ce que l’on appelle ‘Pessa’h chéni’, un autre Pessa’h ».

Il est de coutume de marquer ce jour par la consommation de Matza, si possible de la Matza Chemoura

 

 

Les 40 jours suivants : Le compte du Omer

 

À l’époque du Saint Temple, le peuple juif apportait une offrande d’orge le lendemain du premier jour de fête de Pessa’h (Lévitique 23:10). On l’appelait le « omer » (littéralement : « gerbe ») et dès lors, la nouvelle récolte de céréales était permise à la consommation.

À compter du second jour de Pessa’h, la Torah (Lévitique 23 :15) affirme que c ‘est une mitsva chaque jour de « compter le Omer » pendant les cinquante jours menant à Chavouot. C’est une période importante de croissance et d’introspection, en vue de la fête de Chavouot qui advient 50 jours plus tard.

Chavouot est le jour où le peuple juif s’est tenu au Mont Sinaï pour recevoir la Torah, et en tant que tel, une période préalable de sept semaines était nécessaire. Les commentateurs affirment que nous avons été libérés d’Égypte uniquement dans le but de recevoir la Torah et de l’accomplir. De ce fait, nous avons reçu l’ordre de compter à partir du lendemain de Pessa’h jusqu’au jour où la Torah nous a été donnée pour montrer combien nous désirons ardemment la Torah.

Restrictions pendant le Omer

Le Talmud nous apprend que Rabbi Akiva avait 24 000 étudiants qui périrent tragiquement pendant la période du Omer, car ils ne se traitèrent pas l’un l’autre avec suffisamment de respect. C’est pourquoi, pendant les 33 jours à partir de Pessa’h jusqu’à Lag Baomer, nous observons ces signes de deuil :

  1. Pas de mariages
  2. On n’écoute pas de musique instrumentale, qu’elle soit live ou enregistrée (la musique vocale est autorisée)
  3. Pas de coupes de cheveux ou de rasage, si ce n’est pour des besoins liés aux affaires.

[Note: d’après certaines coutumes, la période de deuil de 33 jours commence quelques semaines plus tard, le premier Iyar, et s’achève le 3 Sivan.]

48 manières

Chaque jour du Omer est lié à un niveau différent de « sefirot » cabalistiques (abribus divins), les émanations par lesquelles D.ieu communique avec le monde. Chacune des sept semaines est associée aussi avec l’une de ces sept sefirot, créant ainsi 49 permutations. Chaque jour pendant le Omer, nous nous concentrons sur un aspect différent des Sefirot, dans l’espoir de parvenir à une amélioration spirituelle dans ce domaine spécifique.

Étant donné que les élèves de Rabbi Akiva ont manqué de montrer le respect dû, nous tentons en particulier, pendant la période du Omer de trouver le meilleur moyen de bien traiter notre famille, nos amis et nos connaissances, afin de pouvoir opérer un « tikoun » (amélioration spirituelle) sur les erreurs du passé.

Le Talmud (Avot 6:5) affirme que « la Torah s’acquiert par 48 manières. » De ce fait, au cours des semaines conduisant à Chavouot, nombreux sont ceux qui ont la coutume de se préparer à « recevoir la Torah » en étudiant ces 48 manières.

 

Lag Ba’Omer

Lag Ba’Omer, le 33ème jour du Omer (« L’amed g’uimel » a la valeur numérique de 33) marque la date du décès de l’un des plus grands sages du Talmud, Rabbi Chimon Bar Yo’hai. C’est un jour de fête extraordinaire, car la tradition stipule que sur son lit de mort, Rabbi Chimon a révélé les secrets du Zohar, l’œuvre fondamentale du mysticisme juif (la cabbale).

Pendant des siècles, Lag BaOmer a été un jour de pèlerinage sur la tombe de Rabbi Chimon dans la ville de Méron, en Galilée. On estime à 250 000 le nombre de Juifs à se rendre ce jour-là à Méron pour danser, prier et célébrer le brillant héritage spirituel que Rabbi Chimon nous a légué. Nombreux sont ceux qui pendant des jours à l’avance campent sur place avec impatience.

Pour fêter Lag BaOmer, les Juifs dans tout Israël allument des feux de joie, en souvenir des grandes illuminations mystiques révélées par Rabbi Chimon. Des semaines à l’avance, les enfants israéliens ramassent du bois pour en former d’impressionnantes sculptures souvent hautes de 6 ou 7 mètres. De merveilleuses célébrations publiques sont organisées et les tours en bois sont brûlées ce jour-là.

 

 

 

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