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Le Maroc, terre magique aux 656 tsadikkim

La terre aux 656 tsadikkim a de quoi fasciner les touristes du monde entier avec son artisanat traditionnel, sa gastronomie savoureuse, son hospitalité inégalée. Si à la naissance de l’Etat d’Israël, ils ont été 250 000 juifs marocains à faire leur alyah, il n’en reste pas moins qu’à ce jour, le Maroc accueille, selon l’Observatoire du pluralisme et des religions Pharos, la plus grande communauté juive du monde arabe avec environ 3000 personnes y résidant à l’année.

Et cette présence juive ne date pas d’hier ! Les premières traces de l’installation des Juifs au royaume chérifien remonteraient au cinquième siècle avant notre ère, ce qui correspond à la destruction du premier Temple et à l’exil de Babylone. Au Moyen-Age, les juifs se voient attribuer le statut de « dhimmi » qui se caractérise par des restrictions sociales et fiscales. En 1492, l’immigration juive au Maroc connaît une augmentation significative liée aux persécutions de la communauté résidant en Espagne. En 1912, le protectorat français signe l’abolition du statut spécial attribué à la communauté juive.

Ô combien la terre ensoleillée du Maroc est imprégnée de la trace de ces tsadikim, grands rabanim, ou encore hommes politiques et artistes juifs qui y sont nés, y ont étudié, y ont prospéré. Une terre gorgée de spiritualité et de magie qui étreint chaque voyageur de façon à la fois douce et frontale. Le « Yavbetz », Rabbi Yaacob Abensour a trouvé refuge à Fès avoir été expulsé d’Espagne en 1492. Il fut la plus grande autorité en matière de halakha de sa génération et occupait tout à la fois des fonctions de juriste, décisionnaire, poète, parlant l’hébreu, l’araméen, l’arabe et le judéo-espagnol.

La lignée des géants Abehsera : Rabbi Yaacov, rabbi David, Baba Salé ou encore celle de la famille Pinto, avec rabbi HaÏm Pinto dont la hilloula rassemble plusieurs centaines de personnes à Essaouira, ou encore le « divin kabbaliste », Rabbi Abraham Azoulay (1570-1643), rabbi Amram Ben Diwan dont la tombe à Ouezzane est également un lieu de pèlerinage. Nous pouvons nommer, entre autres géants de la Torah, rabbi Hayim Benattar (1696-1743), l’auteur de Or Hayim. La liste de ces poids lourd de l’étude qui ont vécu au Maroc est longue.

Si les pèlerinages des grands rabbanim promettent des émotions intenses, le voyage se situe aussi au niveau du panorama. Au rang des beautés architecturales marocco-berbère à dévorer des yeux, la Kasbah de Taourit, inscrite au Patrimoine mondiale de l’Unesco construite au 17e siècle par les « Glaoui ». A un saut de puce de Ouarzazate, elle vous permettra de vous évader et de plonger dans le décor…de Star Wars ! Pour les cinéfiles, restez dans les parages et visitez l’Oasis de Fint (décor de « Prince of Persia »), de la cité fortifiée de Ksar Aït-Benhaddou filmée par les réalisateurs de « Gladiator », « Alexandre » ou encore « La Momie ».

A Fès, Meknès ou Rabat, là encore des sites historiques qui raviront vos pupille . A Meknès, « refuge de l’histoire et de la culture », l’incontournable site archéologique romain du Maroc : Volubilis. « Arc de triomphe, capitole, maison de Bacchus, tout témoigne du faste qu’a connu la cité et de son poids économique et politique », relate le site internet de l’Office du tourisme marocain. A Fès, « la perle impériale », réputée pour ses tanneries de cuir, la médina a été distinguée par l’Unesco. A voir également, le jardin Jnan Sbil et l’entrée de l’ancien Palais Royal de Fès.

Plus au nord, sur la route de Tétouan, « à flanc de montagne » il y a Chefchaouen et ses maisons parées de bleu et de blanc, ses magasins de tapis, son authenticité et sa Kasbah avec ses jardins. Et les expériences uniques sont pléthores. Partir en excursion à dos de chameau à travers les dunes de Merzouga et dormir dans le désert, tenter l’aventure du ski sur sable toujours dans les dunes de l’Erg Chebbi ou encore visiter les grottes d’Akhiam dans la région d’Imilchil ; randonner à pied ou à dos de mulet face aux gorges de Ziz ! Pour les amoureux des sports nautiques, la magie est aussi à l’horizon sur la côte ouest avec des activités de kite surf, de wind surf ou de bodyboard sur les plages de Dakhla, Safi, Essaouira ou Taghazout.

Et pour une halte culturelle, vous aurez aussi l’embarras du choix : le jardin botanique Majorelle à Marrakech, créé par le Français Jacques Majorelle puis racheté dans les années 1980 par le créateur de mode Yves Saint Laurent ; et toujours à Marrakech, le musée d’art africain Al Madeen (Macaal) ; le Palais Bahia , véritable « brochure vivante de l’architecture islamique marocaine » avec « ses couleurs vives, l’art du zellige et du marbre, des jardins luxuriants et des histoires passionnantes ». A Safi, vous découvrirez le Musée national de la céramique. Une étape à Casablanca permettra de vous attarder sur le patrimoine juif marocain ouvert en 1997 et considéré comme le premier musée de la ville de Casablanca et localisé dans un ancien orphelinat destiné à la protection de l’enfance juive. A Essaouira, Bayt Dakira qui peut signifier « Maison de la Mémoire » est consacré à l’héritage judéo-arabe et judéo amazigh marocain, la synagogue a été restaurée. Le musée a été inauguré par le roi Mohamed VI en 2020, un établissement culturel qui donne la part belle aux relations entre Islam et JudaÏsme.

Par ailleurs, selon la date à laquelle vous foulerez la terre du royaume chérifien, vous pourrez profiter d’un des festivals organisés tout au long de l’année. Depuis le festival de salsa en septembre, au festival international du Film de Marrakech en décembre en passant par le Marrakech du rire en juin et le Jazzablanca en avril !

Et pour célébrer toute la beauté de cette terre magique, quelques citations dont les auteurs sont des peintres, des hommes d’affaires, des amoureux du Maroc. « Il y a peu de villes, au monde, qui vous ensorcellent avec la même force et la même magie que Marrakech. Il y a peu de villes et peu de pays qui donnent autant », selon les mots de l’homme d’affaires et mécène de Pierre Bergé. Le peintre français Eugène Delacroix , pierre angulaire du courant du romantisme français parmi les peintres du XIXe a écrit aussi sur le Maroc : « Vous y sentirez la précieuse et rare influence qui donne à toute chose une vie pénétrante. » L’auteur de « La liberté guidant le peuple » a écrit également : « Le pittoresque abonde ici. A chaque