Jeûne de Guedalia

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Tzom Guedalya

Le 3 Tichri qui est le septième mois de l’année, à l’issue de Rosh Hashana, on observe un jour de jeûne intitulé Tzom Guédalya’. Dans le verset, il a lieu au 7ème mois, Zacharie 8,19 : « Ainsi parle l’Eternel Cebaot : le jeûne du quatrième mois (17 Tamouz) et le jeune du cinquième mois (9 Av), le jeûne du septième (jeûne de Guédalya) et le jeûne du dixième mois (10 Tevet) seront changés pour la maison de Juda en joie et en allégresse »

Ce jeûne débute au levé du jour pour finir à la sortie des étoiles. Les malades, les femmes enceintes et celles qui allaitent en sont dispensés. Lors de la prière du matin ainsi que dans la prière de Min’ha, nous adjoignons le passage ‘’עננו’’ dans la ‘Amida et nous lisons dans la Torah le passage de ‘’ויחל משה’’ (Exode 32,11-14 ; 34,1-10). Lorsque Rosh Hashana tombe un jeudi et vendredi, ce jeûne ne peut être observé le chabbat. Il est repoussé au dimanche. Lors de la prière du matin, après le psaume du jour,nous récitons le psaume 83 : « ô D., n’arrête plus ton action, ne garde pas le silence….»

Contexte historique

En l’an 3339 (de la création du monde), après la destruction du premier temple, le dernier espoir de renaissance du peuple juif sur sa terre fut éteint et les rescapés du royaume de Juda furent exilés. Lorsque Nabuchodonosor détruisit le temple et que le peuple partit en exil à Babel, il demeura en terre d’Israël quelques rescapés. Nabuchodonosor mis à leur tête Guédalya, fils de A’hikam. Les juifs de Moav, d’Amon et d’Edom retournèrent en Israël pour être sous sa protection. Mais, le roi d’Amon visait la conquête de Juda, il adressa Ishmaël, fils de Netanya pour assassiner Guédalya ainsi que le rapporte Jérémie 41,1-2 : « Dans le 7 ème mois, Ismaël, fils de Netanya, fils d’Elichama qui était de race royale (la conquête du pouvoir l’encouragea à assassiner le gouverneur en place) il arriva avec ses hommes à Miçpa et frappèrent Guédalya par le glaive et le firent périr. » Et pourtant, Guédalya fut mis en garde des intentions d’Ishmaël qui s’apprêtait à l’assassiner. Mais, il se refusait de prêter l’oreille à la délation et conféra à son visiteur honneur et respect.

Avec l’assassinat de Guédalya, les rescapés furent décimés et la terre resta déserte. Selon certains avis, ce meurtre eut lieu plutôt le premier jour de Tichri mais compte tenu de la fête de Rosh Hashana, le jeûne fut repoussé. Le Traité Rosh Hashana cite ce jeûne en référence pour illustrer que la mort d’un juste peut être comparée à un Temple en flamme. De même que la destruction du Temple nécessita l’institution d’un jeûne, il en est de même pour l’assassinat de Guédalya.

Réflexions

Le meurtre de Guédalya a scellé la destruction du Temple et ôta tout espoir de reconstruction et de réinstallation sur la terre d’Israël .Cet assassinat reste jusqu’à ce jour le symbole du meurtre le plus infâme d’un dirigeant juif par un autre juif et représente le terme du dernier espoir de résurrection du peuple lorsqu’il est à son niveau le plus bas et espère une renaissance. Le Traité Nidda, 61 rapporte à propos du verset Jérémie 41,9 : « Or, la citerne où Ismaël avait jeté les corps de tous les hommes qu’il avait frappés en même temps que Guédalya » (ביד גדליהו- sous entendu que Guédalya aurait été l’auteur du meurtre). Et pourtant, c’est bien Ishmaël qui était l’assassin ? Le Traité Nidda exprime par ces termes que Guédalya portait une lourde responsabilité car il aurait du faire cas de l’avertissement qui lui avait été adressé. Et Rava d’ajouter : la médisance bien qu’il soit interdit de lui prêter oreille et de lui donner foi, il convient de s’en méfier et de se protéger, surtout lorsqu’il y a danger. C’est ce qui est exprimé communément : « respecte-le et prends-y garde »