La berit mila ou circoncision

 

D.ieu ordonna au peuple juif (Lévitique 12,2) : « Le huitième jour, la chair de son prépuce sera circoncise. » L’acte de la circoncision, qui marque le parachèvement du corps, est un acte humain. Cela nous enseigne que notre perfection spirituelle, affective, morale et éthique exige l’effort humain. D.ieu ne peut pas le faire pour nous.

Le Juif est lié par une alliance inscrite en lui bien au-delà de sa conscience, dans sa chair même. Bien avant qu’il puisse être conscient de lui-même, sa mère et son père l’ont fait entrer dans cette alliance à travers la circoncision. La première personne à qui il fut commandé de se circoncire fut Abraham, à l’âge de 99 ans. D.ieu lui dit (Genèse 17,7) : « Et J’établirai une alliance entre Moi et toi, et ta descendance après toi selon leurs générations, comme une alliance éternelle, pour être pour toi un D.ieu comme pour ta descendance après toi. » En démontrant sa soumission à D.ieu par le marquage de son corps physique avec le signe de l’alliance, Abraham révéla le lien intrinsèque de chaque Juif avec D.ieu.

À quel moment doit-on faire la Mila ?

La Brit Mila s’effectue le 8e jour après la naissance. Mais quelle en est la raison ? Selon le Maharal de Prague, le chiffre 8 représente le dépassement de soi, le dépassement de ses propres limites spatio-temporelles. Les limites spatiales sont définies par les 6 directions (devant, derrière, gauche, droite, bas et haut), plus le point d’origine : le centre. Il en est de même pour le cadre temporel, constitué par les 6 jours de la semaine et, en son centre, le 7e jour : le Shabbat. Nous pouvons maintenant affirmer que l’homme évolue dans un environnement borné par 7 degrés, aussi bien dans l’espace que dans le temps. En faisant la Brit Mila le huitième jour, vous donnerez à votre enfant ce potentiel qui lui permettra de se surpasser dans tous les domaines et de découvrir les véritables rouages de ce monde.

 

Qui doit pratiquer la Brit Mila ?

 

C’est le père ou quelqu’un qu’il mandate explicitement en son nom pour le remplacer. Le Mohel est donc un chalia’h, un envoyé mandaté. Il devra être debout à côté de lui pendant la cérémonie, et ne pas s’éloigner pour se disperser dans les mondanités. Le Mohel devra être choisi pour son hygiène, sa renommée de compétence, son sens de la Torah, sa cacherout. Théoriquement, toute personne peut circoncire hormis un idolâtre ou une femme.

Le père devra veiller à être très présent à ce que fait le Mohel, à ne pas parler, spécialement à la fin de la cérémonie, tant qu’il n’aura pas dit toutes les bénédictions. En aucun cas, le Mohel ne doit utiliser de machines.
Avant la Mila, le Mohel dit la bénédiction : Al ha Mila  et pendant qu’il réalise la seconde étape de la périâ, le père récite :
– la bénédiction léhakhnisso bivrito chel Avraham avinou (de le faire entrer dans l’alliance d’Avraham notre père).
– la bénédiction de remerciement ché hé’héyanou (qui nous a fait parvenir jusqu’ici).

 

Le rôle du Sandak

 

Selon la halakha, le sandak doit être un juif kasher et tsadik. En général, le rôle est accordé  au grand père paternel du bébé, mais toute autre personne peut le remplir. Le sandaq est assis pendant les bérakhotes, contrairement à tous les autres. Il porte un tallith, (châle de prière),  parfois des tefillins. Il revêt des vêtements de Shabbat.

 Le choix du Sandak n’est pas un choix facile : de manière générale, il faut trouver une personne avec laquelle Élia hou Hanavi soit content de s’asseoir (Rikanti). On n’engagera pas un Mohel ou un Sandak inaptes par simple amitié ou pour un intérêt quelconque, car la santé spirituelle du bébé est en jeu (Maharil). L’union qui se forme entre le Sandak et le bébé est très importante, au point que ce dernier sera influencé par les qualités du Sandak. On ne choisit pas le même Sandak pour deux de ses enfants, mais on attribuera ce rôle à différentes personnes, afin d’en honorer le plus grand nombre. Bien sûr, s’il s’agit d’un Tsadik, on peut le nommer plusieurs fois. Il est bien en outre que le père du bébé soit Sandak.

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Le déroulement  de la Brit Mila

Tout d’abord, le père du bébé revêtira son talith (certains ont aussi l’habitude de mettre les tefilins), ensuite l’assistance se lève et un proche apporte le bébé au père (parfois, il s’agit de la grand-mère maternelle, mais il existe beaucoup d’usages divers). L’assistance dit : « Baroukh habba bé chém Hachém, Béni au nom de Hachém celui qui arrive. » (Habba a la guématria de 8 comme les 8 jours de la Mila) Le père prend alors le bébé pour le remettre au sandak et commence ensuite le rite de la Brit Mila en récitant les premiers versets de la cérémonie. Le mohel fait la bénédiction sur la Mila. Puis, le mohel fait la Mila. Pendant que le mohel continue la Brit Mila, le père du bébé effectue deux bénédictions : léa’hnisso bivrito chel Avraham avinou et chéhé’héyanou. Ainsi est la coutume des Séfaradim et des Ashkénazim. Cependant, selon le minhag de Jérusalem, le père prononce la première bénédiction avant la Brit Mila, juste avant de transmettre l’enfant au sandak.

 Le mohel réalise plusieurs étapes au cours de la Brit Mila : la hafrada ou séparation des peaux qui vont être coupées du membre (peau du prépuce et peau de la pri’a), la Mila elle-même, c’est-à-dire la coupure du prépuce, puis la déchirure de la peau de la pri’a.

Ensuite, le mohel procède à la metzitsa ou aspiration du sang. Cette opération peut  s’opérer avec la bouche ou à l’aide d’un tube en verre (les deux choix étant permis d’après la halakha). Cet acte revêtant une importance ésotérique très profonde, certains préféreront qu’il soit accompli avec la bouche. Ceci, bien entendu, lorsqu’aucune contre-indication n’est à relever (hygiène buccale du mohel, certaines maladies transmissibles présentes chez l’enfant).

Une personne de l’assistance (en général un homme kasher, rav, grand parent, le papa ou le mohel) fait la bénédiction de Boré péri Hagéfen sur une coupe de vin. Selon les Séfaradim, elle fera aussi la bénédiction de Bessamim sur des herbes odorantes. Ensuite, elle fera la bénédiction « acher kidèch » et lira la demande de miséricorde tant attendue, pendant laquelle les parents nomment le bébé. À la fin de la bénédiction, cette même personne goûtera le vin.

Si l’Éternel a laissé à l’homme le soin d’inscrire le signe de sa perfection sur son propre corps, et s’Il n’a pas voulu le faire naître déjà circoncis, et pour ainsi dire doué de son plein achèvement matériel, c’est pour nous rappeler que, de la même manière que la « finition » de sa dimension physique lui échoit, de même le couronnement de sa dimension spirituelle et morale est laissé entre les mains de l’être humain. Mais qu’on ne sy trompe pas : loin de prôner la toute-puissance de l’être humain sur la nature, ce que la mitsva de brit mila nous révèle, c’est que la nature possède en elle-même des ressources insoupçonnées, expression de la volonté divine ayant présidé à sa création.

 

 

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